discussion « Jaffa », Keren Yedaya, 2009


Un détour par la rubrique cinéma ce soir pour partager avec vous une pépite israélienne présentée à Cannes en 2009.

Tout semble d’abord paisible à Jaffa, surnommée « la fiancée de la mer » par les Palestiniens. Ce port très ancien surplombe avec fierté la Méditerranée tandis que les peuples cohabitent avec plus ou moins de réussite.
C’est là que vivent les Wolf, entre leur appartement et le « Two Lovers », le garage de Reuven, un père de famille qui peine à s’imposer à son épouse Osnat.
Ce garage est une affaire de famille qui emploie aussi Meir, le fils, et sa sœur Mali. On compte aussi parmi le personnel Toufik et son père Hassan. Comme il est souvent le cas dans ce genre d’entreprise, les tensions sont fréquentes. Reuven trouve que son fils en prend trop à son aise, Osnat renchérit et les repas de famille riment souvent avec pugilat sous le regard silencieux de Mali. La mère n’est pas sans adopter un comportement qui frise parfois avec l’hystérie, traitant alors son propre fils de raté ou de plaie. Il ne s’en faudrait pas beaucoup pour qu’elle lui lance l’anathème et lui promette celles d’Egypte !

Mais si Mali n’intervient que rarement c’est sans doute parce qu’amoureuse et enceinte de Toufik, elle a bien d’autres chats à fouetter, notamment celui de taire son secret et leur projet de mariage. Il est en effet peu probable que ses sentiments pour un palestinien soit du goût de ses parents juifs.
Reuven apprécie pourtant le jeune homme qu’il juge plus sérieux que son fils…Il n’en faut pas plus pour que l’animosité grandissante de Meir pour son rival ne devienne problématique.

Keren Yenada nous offre ainsi une tragédie moderne, à mi-chemin entre Le Cid et Roméo et Juliette tout en nous gratifiant d’un regard réaliste sur le quotidien de Jaffa. Bravo à la photographie de Pierre Aim aussi ! J’ai beaucoup apprécié son sens des détails mais aussi la sobriété de son propos, où la suggestion l’emporte sur le prosélytisme. La facture assez classique de la narration est au service de la tension dramatique, soulignant ainsi la complexité des personnages et de leurs sentiments. Côté casting, la jeune Dana Ivgy, déjà repérée dans Chelli, brille par la justesse de son jeu. Mahoud Shelaby (Toufik) et Roy Assaf (Meir) sont tout aussi convaincants.

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