discussion « La beauté des jours », Claudie Gallay, Actes Sud, août 2017 (Rentrée littéraire)


Avec ce titre, Claudie aborde à son tour la thématique de la quadragénaire, mariée et mère de famille, qui se trouve confrontée à la tentation d’une liberté retrouvée. Jeanne, vit tranquille dans son pavillon fleuri près de la voie de chemin de fer, aux côtés de son époux Rémy. Leurs filles, étudiantes, ont partiellement quitté le nid, davantage préoccupées par leurs vies de jeunes adultes que par la famille.
D’une nature heureuse, Jeanne, aime curieusement regarder passer les trains. C’est presque un loisir. Elle connaît les habitués, leur prête des vies et des habitudes. Elle aime les gens d’habitudes, même si elle apprécie aussi de voir surgir l’imprévisible, surtout dans la vie des autres.
Ces trains sont un peu son cinéma, une distraction comme une autre dans cette existence qu’elle ne perçoit pas comme étriquée. Maniaque des éphémérides et des listes, elle accomplit ses gestes et obligations quotidiennes, sans s’accomplir vraiment, mais elle se croit heureuse. Elle évolue dans un périmètre circonscrit, entre sa villa, son guichet dans la poste de cette petite ville de province, et la ferme de ses parents. Jeanne est l’un de ces « êtres de territoires courts ». Sa seule évasion, hormis le chemin de fer, consiste à suivre régulièrement des inconnus dans la rue, sans que cela ne la mène plus loin.

« La vie de Jeanne était bien rangée, c’était presque une vie immobile… »

C’est pourtant dans la sienne que l’inattendu se produit sous la forme d’une photographie d’artiste retrouvée par hasard, celle de Marina Abramovic, dont les productions et les propos l’avaient terriblement marquée à l’adolescence.

« Les WC modernes nous ont détourné de la beauté des ciels »

C’est l’histoire de petites gens simples que nous conte Claudie Gallay passant au crible de son écriture sensible les petits détails de l’existence et même ce qui pourrait nous sembler, bien à tort de l’insignifiance. C’est aussi un regard aussi intelligent qu’incisif sur le mariage et la part faite aux femmes, mais aussi sur la façon dont on se laisse soi-même enfermer dans une vie grise.

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