BD

« Le fantôme arménien », Laure Marchand, Guillaume Perrier et Thomas Azuelos, Futuropolis, 2015




Reportage de Laure Marchand et Guillaume Perrier, dessin et mise en couleur Thomas Azuelos.

Cet album est un documentaire graphique qui s’intéresse au génocide arménien.
Pour rappel, on comptait 2,2 millions d’Arméniens dans l’Empire ottoman à la veille de la première guerre mondiale. Ils ont été les cibles de nombreuses persécutions et massacres depuis la fin du XIX°, ce qui les a conduit à organisé la résistance jusqu’au virage nationaliste de 1914 qui s’est soldé par des milliers d’arrestations, et de déportations dans les déserts de Mésopotamie,  » véritables mouroirs à ciel ouvert ».Beaucoup d’autres sont parvenus à fuir et constituent ce que l’on appelle aujourd’hui la diaspora arménienne. 

Pour donner vie à ce documentaire, les auteurs suivent le voyage pèlerinage de Brigitte Balian et Varoujan Artin, directeur du centre Aram créé en 1997,  qui se rendent en Turquie pour la première fois en avril 2014. Fils d’immigrés, Varoujan doit mettre en place une exposition à partir de. photos d’identité des survivants du génocide réfugiés à Marseille à partir de 1923. Pour information, on estime que 10 % des Marseillais aujourd’hui sont d’origine arménienne.


 » Ce voyage est un grand saut dans le réel. »

Ce périple ne se fait pas sans crainte, puisque les autorités turques refusent toujours de reconnaitre le génocide et que les arméniens, même islamisés, sont toujours perçus comme de potentiels ennemis intérieurs.

D’Istanbul à Diyarbakir, en passant par Dersim ou Bogazdere, le périple prend des allures de voyage au pays des ruines, à l’instar de celles du camp de réfugiés d’Oddo. Partout les églises ont été détruites, les survivants islamisés de force ou convertis par précaution. 
C’est aussi l’occasion de belles rencontres, toutes édifiantes : Abderrahim alias Armen, un gardien d’église ; Stepan, le musicien ; Miran… autant de personnages qui content leur histoire et rappellent comment beaucoup ont vécu cachés, occultant leur langue, leur culture et leurs croyances. Il s’agit aussi d’évoquer les Kurdes, écartelés aussi entre l’Iran, l’Irak, la Syrie et la Turquie, et également en rébellion contre le pouvoir turc.

Les différentes discussions, permettent d’évoquer l’histoire, l’implication du PKK et l’aide apportée par les Kurdes. Tous sont cependant unanimes, il ne faut pas rester figé sur la mémoire, parce que les vivants sont plus importants que des pierres…
Le propos est également tourné vers l’avenir et l’espoir.

Assez didactique, et statique, malgré le coté road movie, cet album m’a légèrement ennuyée. Le recours à la BD n’apporte pas grand chose ici, quitte à rester dans le didactisme, autant lire un essai sur le sujet, ou visionner un documentaire vidéo.

1 réflexion au sujet de “« Le fantôme arménien », Laure Marchand, Guillaume Perrier et Thomas Azuelos, Futuropolis, 2015”

  1. Super article, merci pour la découverte 🙂 hésites pas à venir faire un tour sur mon site Intel-blog.fr et à t’abonner si ça te plaît 😀

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