Littérature française

« Évadées du harem », Quella-Guyot, Quella-Vulleger et Colaone, Steinkis, 2020





Voici un album inspiré d’une histoire vraie, celle de deux sœurs et d’une amie qui ont osé quitter Constantinople et le harem, un jour de janvier 1906


C’est à la gare de Constantinople que nous découvrons Nouryé, Zennour et Mirieme, Marcelle Weissen-Szumlanska de son vrai nom.

Angoissées à l’idée d’être reconnues et démasquées., elles ont cependant la volonté de fuir cet Orient qui ne permet pas aux femmes de véritablement exister. Leur projet est de regagner Paris au plus vite. Cela fait des années qu’elles y songent. Ce pari est cependant loin d’être gagné. Elles imaginent bien que la famille donnera l’alerte et que les autorités feront tout ce qui est en leur pouvoir pour les ramener fissa à la raison.  Leur ministre de père voudra sauver son honneur et éviter la disgrâce politique. Elles risquent fort d’être interceptées en Bulgarie ou en Serbie. Elles risquent aussi la mort. 


Les deux sœurs, artistes et polyglottes, sont nées dans un milieu cultivé et francophone, puisque leur grand-père, Hyacinthe Ulysse Blosset, marquis de Châteauneuf, un officier français, a fait un jour la démarche inverse et s’est converti à l’Islam par amour. 

Elles s’étaient fabriqué un occident de mots 

Si Nouryé est enthousiaste à l’idée de fuir un mariage arrangé vécu comme une humiliation, les sentiments de Zennour sont plus ambigus. Partir, c’est aussi abandonner beaucoup. Cela implique également une once de culpabilité et de tristesse. 

 » Pour être libre il faut lutter, parfois choquer et bien plus encore quand on est une femme. »

Plus compliqué que prévu, le voyage prendra des allures d’Odyssée, une fois l’affaire répandue dans les journaux. Les jeunes femmes n’auront d’autres choix que de rivaliser d’audace et d’ingéniosité. Elles solliciteront notamment l’aide de Renée Vivien et de Pierre Loti, souvent rencontré à Constantinople, alors qu’il souhaitait dépasser la vision romanesque d’Aziyadé et découvrir la femme turque dans sa grande vérité. Il s’agira ensuite, de se faire, ou non, une place dans ce monde occidental à l’heure des débuts du féminisme.

Le scénario, qui ménage au certain art du suspense, retrace avec fraicheur et dynamisme le parcours déterminé de ces jeunes femmes. A travers elles, on retrouve aussi toute une époque. 
 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s