Cinéma français

« Le discours », Laurent Tirard, 2021


Une excellente comédie à ne pas manquer !

J’attendais avec impatience cette adaptation du roman drôlissime de Fabcaro. La signature de Tirard achevait de nourrir mon impatience, j’avais beaucoup aimé son Molière.

S’attaquer à une telle adaptation relevait du défi à mon sens, tant ce long monologue de Fabcaro confine à l’absurde et repose sur un art consommé du langage. 

Rappelons l’intrigue en quelques mots …

Alors qu’il est contraint à une « pause » amoureuse par Sonia, Adrien un quadragénaire aux tendances encore adolescentes, se rend au diner hebdomadaire chez ses parents. Il s’en serait bien dispensé, mais il faut ménager la famille et les habitudes. Mais voilà, Adrien n’a pas osé. C’est d’ailleurs un peu le drame de sa vie de ne jamais oser.

« J’ai 40 ans et j’achète des TIC tac pour cacher à mes parents que je fume, voilà où on en est »

Le diner aurait pu être ordinaire… entre les conversations « popottes » de sa sœur, les poncifs de sa mère, le ton pontifiant de son beau-frère, incollable sur les avantages du chauffage au sol ou sur la trophallaxie. Il se serait contenté d’acquiescer de temps à autre, soucieux de ne jamais faire de vagues pour ne pas avoir à les surmonter. 

Mais ce soir-là, malgré le poids des habitudes et des redites, prend une toute autre tournure et risque de rester gravé davantage dans sa mémoire puisque Ludo, son futur beau-frère, tient à le charger du discours de leur mariage. L’idée lui semble particulièrement anxiogène, pire encore que celle des mariages en général et de leurs étapes presque obligées comme la chenille. Elle l’angoisse d’autant plus qu’il connait en cette soirée les affres de l’amour, d’une pause affective subie et qu’il est en proie à un questionnement métaphysique sur la ponctuation maladroite d’un SMS….

Laurent Tirard parvient à restituer leton incroyablement désopilant du roman. Son film rend vraiment justice à la truculence de Fabcaro. Il parvient en outre à contourner l’effet monologue, par une mise en scène particulièrement inventive. Que de trouvailles géniales et quelquefois poétiques !

A cela s’ajoutent les décors d’Arnaud Roth, entre kitschitude et humour, ainsi qu’un beau casting. François Morel et Guilaine Londez incarnent des parents convaincants, le duo Kyan Khojandi et Julia Piaton séduit, tandis que Benjamin Lavernhe ravit le spectateur avec son jeu tout en nuances qui colle parfaitement à l’atmosphère de l’intrigue. 

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