Albums, BD

« Femme sauvage », de Tom Tirabosco, Futuropolis, 2019



Une fort belle dystopie !

Je suis sortie de ma zone de confort avec cet album futuriste, attirée par la beauté de la couverture et le mystère entretenu par le titre.

Dans ce superbe album tout en noir et blanc, Tom Tirabosco imagine un monde tout aussi terrifiant que vraisemblable. Les premières planches s’ouvrent sur l’ambiance apocalyptique d’une ville moderne inondée. Les forces de l’ordre et les chars déployés partout complètent cette atmosphère de fin du monde. A quelques décennies à peine de la nôtre, les catastrophes naturelles, symptômes d’une nature exténuée, font rage. Le monde connait un krach économique, l’état d’urgence est déclaré, les Rebels se sont réfugiés au Canada pour échapper à la folie du psychopathe qui dirige désormais la Maison Blanche. Cette guerre climatique tant redoutée est bien là, assortie d’une guerre civile. Chacun est confronté à la question de sa survie, excepté les milliardaires qui peuvent encore trouver le moyen de se pavaner dans des camps pour riches.
La Narratrice, une jeune femme enceinte, pleure son amour défunt et décide de tout plaquer pour se réfugier dans la forêt. Avec un peu de chance, elle parviendra à rejoindre les Rebels du Nord, un groupe de militants écologistes, dont elle a retrouvé la trace sur le darknet. Ce sera au moins l’occasion d’oublier sa vie merdique et de méditer. Comme les Rebels, elle fustige le capitalisme et nourrit une forme de misanthropie. Comment respecter un monde qui enrichit les plus riches sur le dos des plus pauvres ?

Finalement l’humanité c’est  » une misérable petite période de domination masculine et patriarcale dans l’histoire de la Terre »  » rien d’autre qu’une petite éjaculation de rien du tout dans le grand orgasme de l’univers. » La terre doit maintenant en finir avec les humains.

Nourrie de ses lectures, et notamment de Thoreau, elle doit apprendre à survivre, à contourner les chasseurs avides comme les ours. Il lui faut braver le froid, la faim, les peurs, mais aussi la solitude. Les dangers sont multiples, mais sa détermination est grande. Chaque pas est une victoire et certains chemins peuvent aussi être l’occasion de belles rencontres.

Le scénario est parfois glaçant, mais il est aussi très efficace et empreint de poésie. Le graphisme, son effet-crayon, son art de l’esquisse, rendent hommage à la nature et soulignent à merveille les émotions des personnages. Le tout donne un très bel album, qui pose tout autant la question de notre futur que celle de l’humain. 



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