BD

« Tom Thomson, esquisses d’un printemps », de Sandrine Revel, Dargaud, 2019





Dans cet album de belle facture, Sandrine Revel s’intéresse à Tom Thompson, le peintre canadien, considéré comme l’âme du Groupe des Sept, brutalement disparu par noyade en 1917, à peine âgé de 40 ans.

Le récit s’ouvre en octobre 1956, alors que deux amis sillonnent les eaux en barque, en quête d’un endroit où faire des croquis.Larivière, cette végétation dense, ces pins et ces élans leur rappellent certains tableaux de Thomson et les conduit finalement à mener l’enquête sur les circonstances de la mort du peintre qui n’ont jamais été élucidées. Ils refusent en effet de se contenter de la version officielle. La tâche s’avère délicate puisqu’il faudrait commencer par retrouver le corps.

La narration, qui se joue alors des époques, nous permet de remonter le temps et de reconstruire l’existence de Thompson alors même que les deux amis s’entourent d’autres bonnes volontés pour mener l’enquête.

Né à Leith, Tom a grandi dans un milieu rural avant de s’expatrier à Seattle au début du siècle pour travailler dans une agence de pub. Mais si l’art publicitaire nourrissait bien son homme, il était loin de combler ses aspirations. L’album retrace avec brio sa reconversion, sa quête esthétique qui coïncide avec la rechercher d’une connexion profonde avec la nature, sa véritable maîtresse. 

Le travail d’anamnèse repose souvent sur des planches muettes, qui traduisent les mouvements et les émotions, ce qui permet l’expression d’une certaine tension dramatique. D’autres sont plus contemplatives et plongent le lecteur dans le regard du peintre et ses perceptions. Le graphisme est incontestablement à la hauteur du sujet.

Si la lecture est un voyage entre les époques, elle est aussi l’occasion d’une belle balade dans le parc Algonquin, en Ontario, où le peintre a aussi officié comme guide. Une large place est également accordée aux techniques picturales et à l’évolution artistique de Thompson, influencé par la peinture scandinave. Bien renseigné, l’album s’appuie également sur la correspondance de Thomson.

L’enquête, elle, m’a laissée davantage sur ma faim…

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