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Rétrospective Vilhelm Hammershoi au musée Jacquemart André


Le musée Jacquemart André consacre actuellement une exposition au maître de la peinture danoise, Vilhelm Hammershoi (1864-1916). Ce fut pour moi l’occasion d’une fort belle découverte que celle de cette œuvre qui s’articule autour de la question du silence et de la solitude.


L’exposition, qui rassemble une quarantaine d’œuvre de cet ancien élève de l’Académie royale danoise des Beaux-Arts, médaillé à l’exposition universelle de paris en 1889, suit un parcours thématique.
On découvre d’abord les portraits et les autoportraits d’êtres plongés dans leur intériorité. Les modèles sont peu nombreux et appartiennent généralement à l’entourage très proche du peintre qui se plait à représenter sa femme Ida. Il s’agit souvent de femmes seules, vues de dos et inscrites dans un décor intimiste et minimaliste, dont l’artiste ne montre pas les traits. Ces toiles, qui rappellent Whistler, n’ont rien de narratif et posent davantage les êtres comme autant d’énigmes à résoudre. Dans les portraits de groupe, il apparait même comme une forme d’insularité des individus.

Les paysages et les architectures du peintre, dépouillés de tout détail superflu, sont tout autant surprenants, comme empreints d’un silence sublimé, propice à la méditation.


Mais nombre de toiles figurent des intérieurs (l’appartement-atelier des Hammershoi à Copenhague). Ce sont des compositions simples et rigoureuses, inspirées des intérieurs flamands et hollandais du XVII°, mettant en lumière des décors épurés : peu de mobilier et d’objets, mais des portes, des fenêtres et toujours un tableau aux allures de mise en abyme. Les ouvertures permettent de jouer avec la profondeur, de ménager des échappées, mais aussi de laisser pénétrer un rayon de soleil. A mon sens, Hammershoi revisite avec une belle modernité le clair-obscur et flirte avec la photographie.


On peut également admirer quelques nus féminins, assez marginaux dans la carrière du peintre et caractérisés par une approche assez froide, presque clinique.


Comme un artiste ne se construit jamais seul mais dans un contexte, le commissaire de l’exposition, Jean-Loup Champion, a fait le choix de présenter en contrepoint quelques œuvres des proches d’Hammershoi. Cette mise en regard vise à souligner combien l’artiste symboliste peint ce qu’il décide de voir et non ce qui s’offre à ses yeux. On découvre ainsi Svend Hammershoi (le jeune frère), Peter Ilsted (son beau-frère) et Carl Holsoe

Svend Hammershoi
Peter Ilsted

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