discussion « Gobseck », Balzac , le classique du mois


Parce que je lis aussi des classiques, je vais faire un détour aujourd’hui chez Balzac, à travers le personnage de Gobseck, sans doute l’usurier le plus célèbre de France.
C’est avec ce personnage que l’auteur connut enfin la renommée à laquelle il aspirait depuis un bon moment. Son projet de la Comédie Humaine voyait aussi le jour dans le même temps.
Pour ce court roman, Balzac recourt à la technique du récit enchâssé. Nous pénétrons une nuit de l’hiver 1829-1830, dans le salon de la vicomtesse de Grandieu, « une des femmes les plus remarquables du faubourg St Germain ». Cette dernière s’adresse à sa fille Camille, âgée de 17 ans, pour la mettre en garde contre ses sentiments pour le jeune comte de Restaud. Le souci n’est pas tant le jeune homme que sa mère, « une demoiselle Goriot », « une femme mal née ». Aux dires de la vicomtesse, « tant que sa mère existera, toutes les familles trembleront de confier à ce petit Restaud l’avenir et la fortune d’une jeune fille. ».
Un ami de la famille, Derville, intervient alors et l’oncle se joint également à la conversation.
Il s’agit pour l’avoué auquel elle est redevable, de leur conter une histoire tout aussi vraie qu’édifiante, susceptible de modifier le jugement que son hôtesse porte sur la fortune, et indirectement la valeur, du jeune comte Ernest de Restaud.
Il s’avère qu’il a longuement fréquenté par le passé un cynique nommé Gobseck, usurier de son état. Le portrait de « cet homme qui s’était fait or », de cet « homme-billet » et le récit de leur amitié, sont l’occasion pour Derville d’évoquer d’autres personnages tout aussi truculents et révélateurs de cette aristocratie de la Restauration et de cette époque florissante pour le capitalisme. Il cède en effet à son tour la parole au prêteur par le biais d’un nouveau récit encadré, ce qui confère au roman une construction presque vertigineuse qui ménage un effet de chute, certes prévisible, mais bien mené. Mais à travers ces différents récits, Balzac s’intéresse aussi au sort des femmes, qu’il s’agisse de Fanny Malvaut, femme du peuple, ou d’une comtesse. Il porte en effet un regard acéré sur ces hommes, pères, maris ou amants, qui profitent trop souvent de leurs sentiments.
Le roman dénonce la comédie sociale, les dandys, le pouvoir de l’or, « spiritualisme » regrettable des « sociétés » du XIX°. Avec un sens aigu de la psychologie et de l’humain, il ausculte aussi cette folie que peut être l’avarice ainsi que les relations conflictuelles entre l’argent et les passions.
Il me reste à espérer que mes secondes savoureront autant ce récit que moi !

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