discussion « La chambre des époux »,Eric Reinhardt, Gallimard, 2017


Absolument conquise par « L’Amour et les forêts », j’attendais avec impatience le dernier roman d’Eric Reinhardt dont j’aimais le titre.

La première partie, foncièrement autobiographique, ne m’a pas subjuguée. Je me lasse un peu de cette tendance du moment qui pourrait laisser à penser que faute d’une idée porteuse les romanciers ne sont plus capables que de parler d’eux-mêmes, comme si leur vie suffisait à pallier une panne d’inspiration.

Eric Reinhardt  relève pourtant le défi lorsqu’il nous conte le cancer de son épouse, leur pari mutuel  pour que la vie l’emporte et leurs succès respectifs. Ce n’est pas la maladie elle-même  qu’il nous détaille. Il nous épargne les longues attentes dans les hôpitaux,  la chimio et les chutes de cheveux. Ce qu’il analyse relève davantage de la gestion des émotions et des dommages collatéraux  que la maladie peut générer, pour le couple notamment.

« Elle a été ma force et j’ai été la sienne. »

La maladie apparaît presque comme un ciment inquiétant de leur amour, qu’ils oubliaient peut-être dans leur quotidien, dans leurs vies occupées.

« Ces mots d’amour qui sortaient du clavier comme des larmes, j’ai parfois frémi de les sentir comme une nécrologie, mais que faire d’autre ? »

Cet amour, il y a subitement comme une urgence à le vivre ; il est comme « une proximité urgente, entière, incandescente, qui donne un prix inestimable à chaque instant . »

S’ils s’en sortent victorieux, cette lutte a cependant un prix à payer pour l’écrivain désormais reconnu. La maladie disparue laisse un vide incommensurable, un état dépressionnaire qui empêche l’écriture. L’auteur imagine alors le livre qu’il aurait voulu écrire sans y parvenir et qui se trouve pourtant au sein de son roman. Une intéressante mise en abyme aux allures gidiennes. Compositeur, Nicolas aime Mathilde, atteinte d’une grave cancer…

La construction est intelligente, l’écriture soignée et forte, pourtant l’ennui m’a gagnée au fil des pages tant la mise en abyme me donnait l’impression de lire le même récit une seconde fois.

 

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