discussion « L’amie prodigieuse », Elena Ferrante, tomes 1 à 3


Cet été j’ai enfin succombé à la tentation de cette saga italienne signée d’Elena Ferrante. Les réseaux sociaux en parlaient tant depuis des mois que j’étais un peu méfiante. J’avais tort, c’est tout simplement délicieux et addictif ! Cette lecture se dévore et j’attends avec une vive impatience le dernier opus de cette quadrilogie.

Il est difficile en revanche d’en rendre compte, les personnages sont nombreux, les péripéties aussi et l’histoire se déroule sur de longues années.
Ce récit est d’abord celui d’une amitié enfantine sur fond de Naples des années 50. Une amitié qui perdure au fil des décennies, avec ses hauts et ses bas, ses élans et ses tensions, ses fâcheries. La narratrice, Elena ou Lina pour les intimes, nous conte son lien avec Lina, originaire comme elle d’un quartier défavorisé hanté par la violence. Elle ausculte leur attachement sans concession et interroge finalement ce sentiment sur un mode universel. Quand peut-on parler d’emprise ? Peut-il être question aussi de jalousie et de rivalités ? Comment l’amitié peut-elle être un puissant moteur, le biais d’une élévation ou au contraire un frein redoutable ?
Elena retrace leurs parcours respectifs, leurs trajectoires qui se croisent et se décroisent, leur rapport à l’école et au savoir, à la famille, leurs amours, leurs rêves, leurs aspirations, leurs espoirs et leurs échecs. Cette quadrilogie est ainsi avant tout le portrait de deux femmes fières et magnifiques qui luttent pour exister, qui jonglent avec leurs talents et leurs failles dans une société peu favorable aux filles.
Autour d’elles, gravite toute une galerie de personnages souvent pittoresques mais surtout profondément humains, tant dans leur part angélique que dans leur noirceur.
Au-delà, l’auteure brosse aussi un portrait de cette Italie qui tente de se reconstruire après une guerre aussi douloureuse que dévastatrice et de se tailler une place dans un monde moderne. La violence déborde alors les frontières du quartier …
La narration évoque ainsi la misère, les inégalités et autres injustices, les combats politiques ou féministes … c’est tout simplement un tableau incroyablement dynamique de la vie dans sa globalité, soutenu par une écriture sensible et incisive.
Enfin, et ce n’est pas le moindre de ses intérêts, elle aborde la question de l’écriture et du pouvoir des mots.

6 commentaires

  1. beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte. un blog très intéressant. J’aime beaucoup. je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon blog. au plaisir

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  2. Face à la déferlante de billets enthousiastes, j’ai finalement craqué et les trois tomes sont dans ma PAL. Mais il va me falloir un peu de temps.

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