Littérature française

« Pandemia », Franck Thilliez, Fleuvenoir, 2015 (rentrée littéraire 4)


Un billet ce jour sur le roman qui m’a tenue en haleine ce week-end, le dernier Thilliez, « Pandemia ».

thilliez-pandemia

S’il peut se lire sans que l’on ait forcément lu les autres, les personnages principaux, enfin du moins les enquêteurs réapparaissent d’un opus à l’autre. Les affaires elles-mêmes s’inscrivent aussi dans une certaine continuité, aussi vais-je rester évasive sur l’intrigue pour ne pas spoiler les inconditionnels de l’auteur.
Après un court prologue évoquant des captifs, l’auteur nous invite à une visite des laboratoires de l’Institut Pasteur, personnage à part entière dans le roman. Le vendredi 22 novembre 2013, nous y rencontrons donc une jeune microbiologiste, Amandine Guérin. On y manipule des salmonelles, des listérias, des staphylocoques et on s’intéresse au stress de ces bactéries. Comme certains de ses collègues elle est aussi régulièrement d’astreinte pour le GIM, le Groupement d’Intervention microbiologique, « une espèce de GIGN du microbe ». Alexandre Jacob, responsable du GIM fait donc irruption : « On a une alerte sanitaire. », trois cygnes sauvages morts dans une réserve ornithologique de la Baie de Somme.
Parallèlement, Franck Sharko et ses collègues du 36 Quai des Orfèvres se trouvent confrontés, non sans humour, à un virus d’un autre genre qui contamine tout le système informatique.
Quant à Phong, le mari d’Amandine, il vit reclus dans un curieux loft, un labyrinthe de plexiglass et tente d’échapper au moindre virus, susceptible de le tuer. Atteint du SIDAA, (et non du SIDA), il constitue une proie de choix pour tous les microbes. C’est comme s’il se baladait en permanence avec une grenade dégoupillée dans la main.

Franck Thilliez nous embarque donc dans l’infiniment petit et l’univers des laboratoires, et rend au passage un hommage appuyé aux Instituts Pasteur de Lille et de Paris. Mais le Mal est là aussi qui rôde, sans limite, infiniment grand.

L’écriture est toujours aussi incisive et travaillée. Le scénario, parfaitement construit, est angoissant à souhait et envoûtant. Thilliez est le roi de l’intensité dramatique et du suspense. Le rythme est carrément trépidant. J’aime beaucoup l’épaisseur psychologique de ses personnages, notamment des enquêteurs qui apparaissent dans toute leur humanité, leurs forces et leurs faiblesses, sans concession. Au-delà de l’affaire policière, le roman comporte toute une réflexion sur la nature humaine, capable du meilleur mais aussi du pire : « L’homme tel que nous le connaissons ; est le pire virus de la planète ».

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