« Victor Hugo », Bernard Swysen, HZ, 2014


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« Une belle âme et un beau talent poétique sont presque toujours inséparables »

J’ai allié cette semaine le plaisir de la participation à la BD de la semaine et le travail, puisque j’ai un projet BD sur le fil.
Ce biopic consacré au chef de file du mouvement romantique puise dans l’ouvrage « Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie ». Retracer la longue et riche existence d’Hugo, que tous nomment alors le périssime, en une centaine de pages est une gageure, surtout si l’on veut tout autant insister sur son enfance que sa maturité. Swysen fait ce pari, mettant en œuvre l’homme de lettres mais aussi l’homme public.
Il en résulte un scénario très dense, parfois un peu fouillis, qui intègre superbement des bribes de textes, mais qui emprunte aussi à d’autres arts de l’époque comme le tableau de Jacques-Louis David, « Le sacre de Napoléon ».
On se passionne assez vite pour ce nourrisson chétif devenu un enfant précoce, curieux de tout et impertinent. Il n’a jamais sa langue dans sa poche et il n’a pas son pareil non plus pour observer le monde qui l’entoure d’un œil critique.
Son enfance préfigure parfois son œuvre, notamment par le biais d’un théâtre et de petits comédiens en carton. Bernard Swysen parvient étonnamment à relier expériences et écrits. On suit le jeune Victor en Italie, puis aux Feuillantines, où il connait, avec ses frères, une enfance assez heureuse aux cotés de leur mère, qui leur offre une éducation en liberté. On le découvre aussi tenant tête à son père lorsqu’il préfère la poésie à Polytechnique et aspire à devenir « Chateaubriand ou rien », sans encore percevoir ce qu’Hugo sera. Vient ensuite le temps de la gloire, les jours sombres de l’exil, les amours compliqués…
Mais la lecture de cet album revient aussi à se plonger dans l’aventure romantique (le Conservateur, le Cénacle, la Bataille d’Hernani) et dans un contexte historico-politique complexe et instable.
« Encrier contre canons, l’encrier brulera les canons »

Si le graphisme est assez inégal, le scénario est riche. Il rend un bel hommage au personnage, à ses proches, à son oeuvre et à son engagement. Les personnages secondaires, notamment Adèle et Juliette, gagnent à être connus. J’ai vraiment apprécié cette insertion des vers ou autres discours hugoliens, ainsi que certaines anecdotes croustillantes à l’instar de ces pamphlets qui voyagent en Europe dans des bustes en plâtre de Napoléon III.

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Lecture effectuée dans le cadre de la la-bd-de-la-semaine

Tous les liens sont aujourd’hui chez Yaneck

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