Littérature française

« Je danse toujours », Timothée de Fombelle, Actes Sud, 2003


« Je danse toujours », Timothée de Fombelle, Actes Sud, 2003

Ce soir, un rapide billet sur un très court récit signé pat Timothée de Fombelle. Il s’agit de son premier livre, une narration qui sort le lecteur de toute zone de confort.
Claire, une femme dont on sait peu de choses, nourrit une relation particulière avec sa machine à écrire. Sur fond de seconde guerre mondiale et d’occupation, elle tape des documents clandestins pour un groupe de résistants et notamment un certain Blanche au charme duquel elle ne semble pas insensible.
Mais son rapport à cet instrument ne s’arrête pas là, puisque l’écriture ainsi permise, lui permet aussi de vivre une autre existence virtuelle.
« Elle écrit la femme qu’elle ne sera pas, la vie qu’elle aurait voulu raconter un jour ».
L’auteur mêle alors les époques, le présent et les souvenirs, la réalité et les fantasmes, la femme et sa projection fantasmée, dans une écriture parcellaire et elliptique. Il nous offre ainsi un personnage fragmenté, à la limite de la schizophrénie qui malmène le lecteur avide de vérité. On a pourtant l’intuition que ce kaléidoscope, ces images brisées résultent d’un traumatisme qui reste tu. Plus qu’au récit, je fus surtout sensible à la poésie de l’auteur, au choix de ses images et de son jeu avec les mots.
« J’écris, alors je danse toujours. Et ma vie apparait entière et ronde sur les lignes. Ma vie se lève de moi, un mot après l’autre. »
« Les miroirs ont gardé un film de moi. »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s