Cinéma étranger

« Lonbraz Kann » de David Constantin, enfin du cinéma mauricien !!!


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En matière de cinéma l’Ile Maurice bénéficie d’infrastructures modernes et globalement confortables. On peut s’abreuver à loisir de tous les blockbusters hollywoodiens et bollywoodiens qui occupent parfois l’affiche des semaines durant. On pourrait presque imaginer que le cinéma européen est balbutiant et que le film mauricien reste à inventer. Le pays compte pourtant quelques cinéastes: Barlen Pyamootoo a adapté son roman « Bénarès », Harrikrishna et Sharvan Anenden ont réalisé « Les enfants de Troumaron » d’après « Eve de ses décombres » d’Ananda Devi, David Constantin a tourné « Lonbraz Kann » l’an dernier et les films de Bhimsen Conhyedoss et de Sébastien Sauvage représentent cette année Maurice au festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand. On ne peut donc que déplorer l’absence d’une véritable distribution de ces œuvres sur le territoire. A titre d’exemple, le long-métrage de David Constantin ne sera resté à l’affiche qu’une grosse semaine. Vous n’avez que jusqu’à demain pour vous régaler…

Quid de l’intrigue?

David Constantin s’inspire de l’actualité récente et situe son film dans une usine sucrière qui s’apprête à fermer ses portes. Faute d’une rentabilité suffisante, on préfère remplacer les champs de canne par de somptueuses résidences à l’instar des IRS et RES qui pullulent sur les côtes. Le secteur tertiaire semble plus prometteur au grand dam des ouvriers agricoles logés sur la propriété. Léponze ne décolère pas, Bissoon ne comprend pas et ne s’en remet pas, Marco observe, médite et parfois résiste. Tout ce petit monde gravite autour de la boutique du chinois et le film restitue parfaitement l’ambiance et le quotidien de ces communes.

Fils de l’artiste peintre Serge Constantin, le réalisateur a le sens du tableau. La photographie est magnifique et rend un vibrant hommage à ces terres et à ces hommes, soutenue en cela par une musique sublime. Il filme à merveille les regards, notamment celui de Raj Bumma, alias Bissoon et maîtrise l’art du non-dit. Le casting est parfait et le film soulève des questions de fond qui dépassent finalement aussi les frontières de Maurice. Il est hélas bien des endroits où le monde est à deux vitesses. Il manque juste à mon sens un petit quelque chose pour resserrer le scénario et éviter quelques longueurs.

J’oubliais un détail important, facteur d’authenticité, le film est en créole et entièrement sous-titré en français.

« Degazé » donc si vous ne voulez pas le rater!

1 réflexion au sujet de “« Lonbraz Kann » de David Constantin, enfin du cinéma mauricien !!!”

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