Littérature étrangère

« La saison des mangues introuvables », Daniyal Mueenuddin, Buchet-Chastel


Un recueil de nouvelles dépaysantes! saisonmangues

Avec « La saison des mangues introuvables », Daniyal Mueenuddin nous plonge an coeur de la vie pakistanaise, entre Lahore et Islamabad, à la fin des années 70. Chacune des nouvelles s’impose comme une pépite supplémentaire et l’ensemble s’offre comme une mosaïque de personnages très contrastés. Il s’agit pour ce diplômé en droit de Yale, américano-pakistanais, de partager avec le lecteur sa vision du Pakistan d’alors.
Les points de vue et les focalisations varient, certains êtres disparaissent, d’autres reviennent d’une nouvelle à l’autre comme autant de personnages pivots. Le bourgeois Harouni traverse ainsi tout le recueil, comme s’il exerçait une force centripète sur les autres. Toutes les classes sociales sont représentées, les ethnies aussi. Mueeddin évoque aussi la partition Inde-Pakistan que nous connaissons assez mal.
Toutes les questions de société sont abordées, qu’il s’agisse du mariage ou de la corruption et l’auteur accorde une large place à la condition des femmes. N’oublions pas qu’elles finissent parfois brûlées vives, simplement parce qu’elles sont femmes finalement.
Certains êtres sont attachants, à l’instar de Nawab, l’électricien qui s’est illustré dans l’art de gruger la compagnie d’électricité, histoire de compléter son maigre salaire péniblement gagné à la ferme. On aime aussi Saleema, « le jouet du fils d’un petit propriétaire terrien », qui va d’homme en homme et de galère en galère avec l’espoir vain de s’en sortir.
« Ses histoires d’amour avaient toujours été si platement mercantiles qu’elle n’avait jamais appris la coquetterie ».
On adore Husna aussi qui incarne à sa façon la revanche des femmes. La description de ses cours de dactylo est franchement jubilatoire!
« Lui restaient la détermination et la perfidie, qualités moins visibles. »
Les scènes quotidiennes, qui ne sombrent pas dans le pathos, abondent et nous ravissent. Les petites phrases aussi.
« La pauvreté n’empêche pas de choisir correctement entre le bien et le mal ».

Voilà une lecture qui vaut le détour!

3 réflexions au sujet de “« La saison des mangues introuvables », Daniyal Mueenuddin, Buchet-Chastel”

  1. Merci pour cette critique. J’aime beaucoup ce type d’ouvrages. Cela permet de découvrir une culture. C’est un ouvrage récent ? Je veux dire que l’on trouve rapidement.

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