discussion « La cité des jarres », Arnaldur Indridason, 2005 pour la traduction française


« Quelle foutue tragédie, marmonna Erlandur… »

citedesjarres

 

C’est chose faite, je suis parvenue à me procurer et à dévorer le premier opus d’Indridason, le maître du polar islandais. Je vais désormais m’évertuer à les lire dans l’ordre, puisqu’outre les enquêtes, l’auteur nous propose aussi la saga d’Erlandur, son enquêteur fétiche, et de ses acolytes Elinborg et Sigurdur Oli.

C’est au coeur de Reykjavik,  dans un appartement au sous-sol d’un petit immeuble  du  quartier  marécageux de Nordurmyri, que l’on découvre le cadavre d’un homme. Son corps, en partie appuyé contre un sofa, gît non loin d’un lourd cendrier aux bords aigus et coupants et maculé de sang. Inutile d’être un devin pour comprendre quelle fut l’arme du crime.  Trouver le coupable sera plus complexe, et le scénario relève du grand art.

Qui pouvait bien en vouloir à Holberg, un  triste sire âgé de 69 ans?  On peut penser à première vue qu’il a lui-même laisser entrer son agresseur, même si on ne constate aucune trace d’une hospitalité quelconque. Il faut dire que la victime n’était pas plus tendres et c’est un euphémisme! On peine à éprouver la moindre compassion pour ce salopard que les années n’ont jamais calmé.

Tandis que Sigurdur Oli, sorte de dandy égaré dans la police, suggère qu’il s’agit peut-être d’un meurtre typiquement islandais, « Un truc dégoûtant, gratuit et commis sans même essayer de le maquiller, de brouiller les pistes ou de dissimuler les preuves », Erlendur se concentre sur la curieuse photo d’une sépulture et sur un message elliptique et énigmatique: « Je suis lui ». Son intuition le pousse à remonter le temps et à voyager dans le monde de la génétique.

L’enquête le conduit à sillonner l’Islande et ses villes aux noms imprononçables, à remuer les secrets de famille et « la merde », aux sens propre et figuré alors qu’il est confronté lui-même à la difficile question de la paternité.

Si l’écriture (ou la traduction surtout) me semble moins agréable que  celle des romans suivants, j’ai toujours le même plaisir à me laisser embarquer par les intrigues complexes d’Indridason. Il a l’art de construire ses personnages et les dote d’une grande profondeur psychologique; au delà de l’enquête, il n’oublie jamais l’humain. Il sait aussi créer ces atmosphères froides ou étouffantes, ces chapes de plomb qui opèrent comme autant d’enfermements des êtres.

 

 

 

2 commentaires

  1. Il faut que je lise cet auteur : j’en ai repéré dans la bibliothèque de mon papa, je vais les lui emprunter!

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