discussion « Lucy » de Luc Besson, 2014


Lucy ou comment J’ai fait une entorse à mon régime cinématographique habituel pour faire une incursion dans le monde de la science-fiction et du film d’action.

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C’est un genre qui me convient rarement, mais il faut parfois savoir faire des concessions. La signature de Besson (mais oui, on ne peut pas oublier « Nikita »!!!!) , le casting (Scarlett Johansson, Morgan Freeman, mais aussi l’attachant Amr Waked) et le sujet m’invitaient à me dérouter. Besson s’intéresse en effet au cerveau et à la faible exploitation que nous en faisons. 10 % c’est effectivement peu!
Lucy, une étudiante en séjour en Corée, se trouve embarquée bien malgré elle dans un trafic de drogue. La « mafia » coréenne ne rigole pas, ses méthodes non plus! La voilà contrainte de jouer les mules, une activité dont elle est loin de maîtriser tous les aléas. Il s’agit pour les coréens de diffuser une nouvelle substance à travers l’Europe et au-delà. C’est ainsi que Lucy voit accidentellement ses capacités intellectuelles se surdévelopper. Fascinée, mais surtout résolue à faire justice, elle part à la conquête de son cerveau en s’appuyant sur ses pouvoirs illimités… On meurt à tout va, on neutralise et on lutte certes, mais certaines scènes frisent le grotesque, à moins qu’il ne faille les prendre au second degré. Doit-on les lire comme une parodie d’un certain cinéma asiatique?
Côté casting, il faut vite oublier que Lucy est étudiante. Scarlett Johansson devient peu crédible, sauf s’il s’agit d’une étudiante attardée…mais finalement, ce statut est purement anecdotique. Elle crève l’écran au demeurant et sa prestation contribue sans nul doute au succès du film. Le scénario de Besson tient relativement la route, même s’il nous laisse sur une énigme déroutante au seuil du film. On a comme une impression première d’inaccompli. La fin ouverte laisse franchement perplexe, mais n’est pas dénuée d’une teinte philosophique: qu’a fait l’homme avec ses petits 10 %, son peu de capacités, jusqu’ici, sinon détruire l’homme et la planète?
Vous l’aurez compris ce blockbuster mêle les genres…voilà un thriller d’anticipation qui a l’ambition de faire réfléchir…
On retrouve la pâte de Besson et l’inévitable longue course-poursuite en voiture…beaucoup de véhicules sacrifiés, empilés, qui apportent peu à l’intrigue mais qui présentent l’avantage de satisfaire au goût d’un certain public. Les effets spéciaux, impressionnants, répondent brillamment aux lois du genre, soutenus par la musique d’Eric Serra, toujours aussi convaincante. Le film est donc très rythmé. Mais je rendrai surtout hommage à la photographie superbe de Thierry Arbogast qui assure l’esthétisme du film. Le montage parallèle et la photo contribuent à la réflexion philosophique du film et lui confère aussi une poésie particulièrement bienvenue dans ce monde de brutes.

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