discussion « Maestro » de Léa Fazer, 2014


Un moment de ravissement signé Léa Fazer maestro

Après le sympathique « Notre univers impitoyable » mais aussi « Ensemble c’est tout » et « Cookies » , la réalisatrice franco-suisse nous invite, avec ce quatrième long-métrage, à un hymne au cinéma d’art et essai. Le scénario, initialement imaginé par Jocelyn Quivrin, tragiquement disparu en 2009, nous plonge dans l’univers cinématographique. Henri Renaud, jeune acteur désargenté, court péniblement de casting en casting dans l’espoir d’échapper aux huissiers et aux appels de sa banque. En attendant de réaliser ses rêves et de tourner dans un de ces blockbusters dont il est fan, il partage ses pâtes et ses galères avec son colocataire Nicoballon (Nicolas Bridet) et il taxe régulièrement son amie Pauline, une actrice plus avertie.
Cette dernière lui a ménagé un entretien avec Cédric Rovère, monstre sacré du cinéma d’auteur, avec lequel tout le monde, sauf Henri, rêve de tourner. Prêt à tout pour sortir de ses soucis financiers, Henri s’impose comme un expert en esbroufe et obtient un rôle.
Le cinéma fait alors son cinéma et Lea Fazer nous plonge dans une mise en abîme légère et pleine d’humour et de peps…Les dialogues sont souvent jubilatoires.
Perdue dans une campagne française pour le moins bucolique, la troupe s’emploie à tourner une adaptation de l’Astrée, un film pour le moins atypique doté d’un très petit budget. Henri, séduit par sa partenaire et progressivement conscient de la chance qui lui est ainsi offerte, se découvre d’autres possibles tandis que Cédric Rovère, réincarnation du cinéaste Eric Rohmer, totalement conquis par son acteur, vit ce tournage comme un cadeau. Chacun tourne comme en état de grâce, au milieu des difficultés budgétaires….et lorsque l’on est ainsi habité, cela donne de grands et beaux films….
Ce film, qui confronte deux générations, aborde la question de la transmission et de l’initiation: Henri s’éveille tout à la fois à l’amour et à la beauté.
« Je remercie Cédric de m’avoir appris à ne pas négocier le prix exorbitant de la beauté ».
Mais Léa fazer rend surtout un incroyable hommage à Jocelyn Quivrin, son acteur fétiche, et à Eric Rohmer. Le scénario, empreint de drôlerie et de subtilité, est soutenu par un casting brillant. Pio Marmai apporte beaucoup de fraicheur et de sensibilité au personnage d’Henri. Michael Lonsdale incarne, lui, un Rovère convaincant et ô combien émouvant. Le duo fonctionne à merveille, s’inscrit dans le livre des belles rencontres, sur la toile et au-delà, et nous embarque.

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