Cinéma étranger

« Miral » de Julian Schnabel, 2010


« Miral » de Julian Schnabel, 2010 miral

C’est à travers le destin croisé de 3 femmes, Hind Husseini, Nadia et Miral, que Julian Schnabel aborde la question épineuse de la Palestine et des territoires occupés entre 1947 et 1994.
Le film s’ouvre sur l’évocation de Miral, dont le prénom désigne une fleur rouge, sauvage, qui pousse sur les bords des routes. Fille de Nadia, elle est née en 1973, mais sa véritable histoire commence en 1947 lorsque Hind découvre au hasard d’une route un important groupe d’enfants, tous orphelins. Peu de temps avant, elle fêtait le nouvel à l’ambassade américaine alors qu’on organisait la création de l’Etat israélien et le partage de la Palestine. Hind recueille ces enfants dont le nombre s’avère grandissant. Elle s’en occupe au détriment de ses propres biens et de ceux de sa mère, convertissant une vieille maison familiale en pensionnat. Il devient impératif de gagner l’appui des autorités et de trouver de riches bienfaiteurs, d’adultes forts et cultivés. Elle refuse obstinément l’appui des gouvernements et ne veut compter que sur des capitaux privés, apolitiques. En 67, durant la guerre des 6 jours, Hind se voit confrontée à de nouvelles difficultés. Elle et ses 900 pensionnaires, se voient cantonnés dans les quartiers palestiniens tandis que l’occupation israélienne sème le trouble. Au fil du temps: elle n’a qu’un objectif : que ses protégées cultivent une identité palestinienne. Elle bénéficie de l’aide du Colonel Smith qui n’est pas insensible à ses charmes.
Parallèlement, la jeune Nadia, à peine sortie de l’adolescence, s’enfuit de chez elle pour échapper au comportement incestueux et violent du mari de sa mère. Danseuse du ventre pour survivre, elle se voit emprisonnée dans la même cellule que Fatima, une infirmière terroriste qui lui présente Jamal, le religieux qui fréquente le pensionnat. Si ce derner, les accepte, elle et sa fille Miral, et les entoure de son amour Nadia ne parvient pas à trouver un quelconque équilibre et cède à ses psychoses. Jamal conduit donc Miral à l’orphelinat Dar el Tifl et il la confie à Hind la semaine. Un lien fort unit ces deux là très vite, même lorsque Miral, adolescente, s’enflamme pour la cause palestinienne au temps de l’Intifada, en 1987. C’est d’abord Hind qui envoie quelques jeunes pensionnaires faire classe dans les camps de réfugiés comme Ramallah, en Cisjordanie. Miral fréquente les milieux activistes au grand dam de Hind qui vit cet engagement comme une menace pour l’école et les autres enfants.
Miral parviendra-t-elle à entendre raison ? Comment Hind et l’orphelinat traverseront-ils ces temps troublés ?

Ce scénario intéressant est une adaptation du roman de Jula Jebreal, inspiré lui-même de faits réels. Les décors de Yoel Herzberg, les costumes de Walid Mawed et la photographie de Eric Gauthier, nous plongent dans un Liban plus vrai que nature, qui mêle gravité et légèreté. Le casting est irréprochable. Hiam Abbass incarne une Hind toute en retenue, Freida Pinto nous offre une Miral éblouissante. Sa beauté crève par ailleurs l’écran. J’ai beaucoup aimé aussi le jeu de Alexander Siddig qui interprète un Jamal tout en nuance. Le film évite tout manichéisme mais il se laisse aller à un didactisme légèrement pesant par moments.

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