discussion La saga du sari: épisode 4


La saga du sari : épisode 4

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A propos des styles et des motifs…

On dénombre deux grandes façons de draper son sari. La première se rapproche d’une forme cylindrique, la seconde ressemble dans sa partie inférieure à un pantalon. Mais attention, la longueur du lé ne sera pas la même. La seconde solution demande un sari plus long, de 8 à 9 mètres.

On opte le plus souvent pour le nivi style, apparu au XIX° sous l’influence de Jiyananda  Nandini, la belle-sœur de Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature. La jeune femme se serait inspirée des femmes Parsi. Le nivi style consiste à faire retomber le pallu sur l’épaule gauche, ce qui est jugé plus pratique. Adopté par la majorité des indiennes, il devint un instrument de revendication nationaliste tandis que le sari devenait l’emblème d’une nouvelle nation.

Les saris sont intrinsèquement liés à leur région d’origine. Chacun a ses particularités (couleurs, motifs, qualité des tissus). Dans le nord, la toile est plissée sur le devant à la façon d’une jupe tandis que le pallu recouvre fréquemment la tête. Les motifs sont extrêmement travaillés. Vers Deccan et une partie du sud, domine le style maharati ou kachchla qui se caractérise par un effet pantalon bouffant. Le style dravidien suppose que le tissu soit plissé avant d’être enfilé. Le pallu, positionné en travers du buste, recouvre une épaule et retombe vers l’arrière. D’autres tribus nouent le sari sur l’épaule.

Toutefois cette tendance se voit de plus en plus contrebalancer par le cinéma et les effets de mode qu’il génère. On constate même une évolution dans les boîtes d’emballage qui sont de plus en plus souvent à l’effigie d’héroïnes cinématographiques et qui portent des noms de films.

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Les motifs ne sont pas anodins : ils remplissent plusieurs fonctions et comportent différentes significations. Ils ont notamment un rôle protecteur et visent à éloigner le mauvais œil.  Un point au centre d’un losange figure l’œil du paon (animal très important dans l’hindouisme). Le lotus est symbole de prospérité et de richesse. La mangue, associée à la cour moghole, est signe de fertilité. Le pipal (figuier des pagodes) symbolise également la fertilité et la longévité, surtout sur les saris de cérémonie. Les paons, chargés du transport des âmes vers l’au-delà, suggèrent l’immortalité. Les oies et les oiseaux d’eau représentent la pureté spirituelle, le savoir intellectuel, la créativité. Plus récent, le perroquet symbolise la passion amoureuse. Le poisson est associé à la fertilité et à la richesse. L’éléphant, considéré comme l’incarnation du dieu Ganesh qui permet de surmonter les obstacles, est emblématique de la royauté et de la fertilité, tandis que la tortue signifie sagesse, longévité et prospérité.

On peut donc concevoir aisément que le sari, cet incroyable vêtement qui a traversé les siècles, résisté à la colonisation, aux crises sociales et à la pression culturelle, peut se personnaliser et refléter l’âme et la vie de sa propriétaire.

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4 commentaires

  1. C’est intéressant et je ne savais pas que les motifs avaient une signification. Je suis attirée par ces étoffes, j’aime beaucoup les cachemires (motifs).

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    • En effet, je vais poursuivre mes investigations en interrogeant davantage les employés des magasins spécialisés et en me rendant à l’expo consacrée au sari au Penny Museum de Port Louis

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